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L'environnement : une des préoccupations majeure en agroalimentaire.


Avec 415 000 salariés et 130 milliards d’euros de chiffre d’affaire, l’agroalimentaire est le premier secteur industriel français. En tant que tel, la contribution de ce secteur à la mise en place des modes de production durables sera déterminante.

Quelles peuvent ĂŞtre les actions ?
Le secteur peut agir :
- sur l’aval, en promouvant des modes de consommation durable : en effet, l’alimentation reprĂ©sente environ 12 Ă  17% du budget des mĂ©nages français ;
- sur l’amont, en promouvant des pratiques agricoles durables Ă  travers de nouveaux cahiers des charges ou par la mise en valeur des « labels Â» existants (comme l’agriculture biologique) : en effet la majoritĂ© de la production agricole est transformĂ©e par les IAA avant d’être commercialisĂ©e.

Dans ce cadre de nombreux dĂ©fis se prĂ©sentent au secteur agroalimentaire parmi les dĂ©fis, on peut citer :
- la contribution Ă  l’équilibre alimentaire mondial 
- la sĂ©curitĂ© sanitaire et la qualitĂ© des aliments produits 
- l’économie d’énergie tout au long du processus de production 
- la lutte contre le changement climatique et la limitation des Ă©missions de GES 
- la gestion globale du cycle de vie du produit (valorisation des sous-produits, recyclage et prĂ©vention Ă  la source des dĂ©chets...) 
- la prĂ©vention des pollutions provoquĂ©es par le secteur lui-mĂŞme et, en amont, par les pratiques agricoles... 

Innover, adapter ses technologies de production.
Pour rĂ©pondre Ă  ces enjeux, le secteur agroalimentaire devrait innover, adapter ses technologies de  production. Aux pouvoirs publics, français et europĂ©ens de montrer aux industriels que ces dĂ©fis, souvent perçus comme des contraintes supplĂ©mentaires peuvent se transformer en opportunitĂ©s. Il s’agit de passer d’une approche purement rĂ©glementaire Ă  une mobilisation, une responsabilisation de l’ensemble des acteurs.
La loi dite « LRE Â»(1) relative Ă  la responsabilitĂ© environnementale des entreprises est le meilleur exemple rĂ©cent de cette dynamique.
Au delĂ  des outils rĂ©glementaires, les instruments Ă©conomiques permettent d’orienter les marchĂ©s dans le sens de la prise en compte des enjeux environnementaux dans les choix de production. Au final, il s’agit de transformer les comportements : la consommation durable est un puissant moteur pour faire advenir des modes de production durables. Pour prĂ©tendre Ă  cette reconnaissance par le marchĂ© des mĂ©thodes de production durables, les industriels devront nĂ©cessairement s’engager dans une grande transparence : traçabilitĂ©, Ă©tiquetage environnemental des produits, respect de normes (ISO 14001, EMAS, certification environnementale pour les exploitations agricoles), communication sur les engagements pris par l’entreprise vis Ă  vis de la protection de l’environnement et sur ses rĂ©sultats...

(1)  Loi n° 2008-757 du 1er aoĂ»t 2008, transcription de la directive 2004/35/CE sur la responsabilitĂ© environnementale.

Source : Bureau de la stratĂ©gie environnementale et du changement climatique de la Direction GĂ©nĂ©rale des Politiques Agricole, Agroalimentaire et des Territoires - Ministère de l’agriculture et de la pĂŞche

Vous souhaitez en savoir plus ?http://www.agriculture.gouv.fr/
Panorama des industries agroalimentaires / Édition 2008   
Site Internet : http://panoramaiaa.agriculture.gouv.fr/index.php3   
  

L’avis de Christian Tacquard, Président du Groupe Loc Maria et de l’ABEA.

« Les grandes orientations Ă  venir en agroalimentaire concernent aussi le dĂ©veloppement durable, qu’il soit d’ordre Ă©nergĂ©tique ou autre… Â»
Le prĂ©sident de l’ABEA est sensible Ă  l’implication de l’ensemble des chefs d’entreprises pour Ă©voluer, se dĂ©velopper dans des conditions Ă©quitables et responsables : « Si nous avons une obligation Ă©conomique, en mĂŞme temps, nous avons celle de nous inscrire dans le dĂ©veloppement durable, qui fait de nous des gens responsables. Je pense notamment au traitement des dĂ©chets que nous effectuons dĂ©jĂ  depuis un certain temps. Cela passe aussi par une dĂ©marche d’analyse Ă©nergĂ©tique en parallèle avec l’AFNOR pour rĂ©viser nos consommations d’énergie au prorata du kg de produit fini. Â» Au sein du Groupe Loc Maria, on Ĺ“uvre dans un souci de l’environnement et de dĂ©veloppement durable, en Ă©tablissant une politique de diminution des emballages, en s’engageant sur le tri sĂ©lectif, le tri des dĂ©chets industriels et la consommation d’énergie…

ĂŠtre Ă  la fois productif, rentable et respectueux de l’environnement. Face aux nouveaux dĂ©fis Ă©cologiques, on se mobilise au sein des diffĂ©rentes filières agroalimentaires, et Ă  toutes les Ă©tapes de fabrication des produits ! DiffĂ©rentes organisations de producteurs, des coopĂ©ratives, des industriels…, investissent dans la mise en Ĺ“uvre de la certification environnementale en se rĂ©fĂ©rant Ă  la norme ISO14001. A un Ă©chelon plus local, des groupes d’exploitants agricoles rĂ©alisent des dĂ©marches se rĂ©vĂ©lant bĂ©nĂ©fiques sur bien des plans, telles que le rĂ©seau d’agriculture durable(1), ou des marques dĂ©posĂ©es par des viticulteurs (Terra Vitis (2)). Les AOC sont Ă©galement porteuses dans le sens oĂą avec des pratiques alliant un savoir-faire traditionnel (races d’animaux spĂ©cifiques, mode d’alimentation fourragère, etc.), on prĂ©serve un patrimoine de qualitĂ© en milieu rural.
Les débats du Grenelle de l’Environnement en 2007 ont mis en avant l’attente de la société vis à vis de l’agriculture comme du secteur agroalimentaire dans son ensemble. Par ailleurs, la mise en place de pratiques visant à prendre en compte le développement durable est l’un des objectifs de la stratégie française de normalisation(3). Les professionnels ont tout intérêt à anticiper ces demandes et à prouver sur la base d’éléments objectifs et normalisés qu’ils ont intégré les enjeux du développement durable. Dans le secteur agroalimentaire, les normes peuvent accompagner et accélérer l’évolution des pratiques et procédés en élargissant la vision du management. Ainsi, cette démarche permet d'atteindre le triple objectif d’une performance à la fois financière, sociale et environnementale.

Pour en savoir plus :
(1) http://www.agriculture-durable.org/
(2) http://www.terravitis.com/
(3) http://portailgroupe.afnor.fr/v3/pdf/strategie_normalisation_2010.pdf

Quand environnement rime avec économie

Ĺ’uvrer pour l’environnement n’est pas une contrainte, c’est un intĂ©rĂŞt !
Avant de devenir Bonduelle, Caugant reprĂ©sentait une PME disposant d’assez peu de moyen marketing. Pourtant, comme l’explique GĂ©rard Perroud, « Notre marketing, c’était d’être en avance par rapport aux autres ! En 1993 dĂ©jĂ , Ă©tait rĂ©alisĂ© le concept d’usine propre. L’entreprise a Ă©tĂ© la première dans l’agroalimentaire français Ă  ĂŞtre certifiĂ©e 9001 tous secteurs confondus. Très tĂ´t, nous avions aussi entrepris la dĂ©marche concernant l’amĂ©nagement du temps de travail… nous Ă©tions sur ce challenge permanent, nous imposant d’avoir une marge d’avance, tout en sachant que nous ne pouvons ĂŞtre seul, quand on est une PME, dans un territoire. Nous essayions en mĂŞme temps d’entraĂ®ner les autres dans notre sillage. Il fallait prendre le train des Ă©volutions. Nous avons fait de l’agriculture raisonnĂ©e avec des contrats mentionnant de moins en moins de pesticides, moins d’intrants… depuis 1990. LĂ  aussi, c’était un de nos fers de lance pour nous diffĂ©rencier. Tous ces points particuliers sont restĂ©s. Nous avons toujours fait de l’environnement. Et cela reste plus que jamais d’actualitĂ©.»
Si l’on demande pourquoi, GĂ©rard Perroud rĂ©pond qu’en premier lieu, faire de l’environnement est Ă©conomique : « Ce n’est pas une contrainte, c’est un intĂ©rĂŞt, c’est pour cela que nous avons fait une usine propre en 1993, avons consommĂ© moins d’eau, le choix d’une usine sans chaudière s’est imposĂ©, pour l’utilisation du gaz… parallèlement nous avons une aspiration des dĂ©chets Ă  la source, qui sont triĂ©s. De ces opĂ©rations n’en rĂ©sulte que du bonus car nous dĂ©pensons moins, les gens s’y intĂ©ressent, nous Ă©changeons des idĂ©es, c’est une dĂ©marche permanente vers une amĂ©lioration continue… je dis que nous sommes condamnĂ©s Ă  ĂŞtre plus intelligents demain qu’aujourd’hui, et c’est une belle condamnation. C’est agrĂ©able de voir tout ce que nos salariĂ©s sont capables de donner, parce qu’avant tout, ça leur fait plaisir, et que c’est très rentable. Â»

Les investissements peuvent être axés sur l’amélioration d’équipement.
Marie Tacquard, Directrice de communication chez Gaillard Pâtissier, explique la mise en place d’une politique de diminution des emballages au sein de cette entreprise, qui est aussi l’une des exigences du consommateur : « cette dĂ©marche reste assez complexe car c’est un changement de mĂ©thode de travail… lorsque l’on touche Ă  un des Ă©lĂ©ments de la ligne, il faut modifier tous les autres composant la chaĂ®ne. C’est un projet collectif qui a trouvĂ© son aboutissement. Â» En effet, En supprimant les cartonettes et en rĂ©duisant les feuilles d’emballages, l’entreprise a pu alors diminuer plusieurs dizaines de tonnes d’emballages par an.L’impact est environnemental mais aussi Ă©conomique, sachant qu’en moyenne un emballage reprĂ©sente 20 % du prix de revient. L’entreprise a adhĂ©rĂ© au pacte mondial Global compact de l’ONU en 2003. Cet engagement se caractĂ©rise par diffĂ©rentes actions. Elle s’est engagĂ©e sur le tri sĂ©lectif, le tri des dĂ©chets industriels et la rĂ©duction de la consommation d’énergie.

ĂŠtre aux normes.
Chez Charcupac, comme l’explique Pascal Levy, dirigeant du site, l’objectif pour 2009 est d’obtenir les certifications IFS version 2 et ISO 14001, indispensables pour instaurer un climat de confiance entre le distributeur et l’industriel, et se positionner sur le marchĂ© europĂ©en. « Dans notre Ă©quipe, une personne du service qualitĂ© est dĂ©diĂ©e Ă  l’environnement sĂ©curitĂ© et a initiĂ© dĂ©jĂ  un gros travail sur le plan environnemental. Par exemple, le circuit de refroidissement des machines est passĂ© en circuit fermĂ©. C’est une dĂ©marche qui a permis de faire des Ă©conomies importantes en eau. Nous avons dĂ©veloppĂ© Ă©galement quantitĂ© d’emballages, notamment dans le frais emballĂ© : aujourd’hui nous utilisons des films d’operculage très fins qui sont aussi rĂ©sistants et qui amènent plus de transparence et de qualitĂ©. Au final c’est un ensemble de dĂ©marches qui ne peuvent ĂŞtre que bĂ©nĂ©fiques… contrĂ´les et maĂ®trise des coĂ»ts, qualitĂ© et respect de l’environnement ! Â»

Diminuer sa facture énergétique.
Il y a deux ans, l’entreprise Soreal a substituĂ© des plastiques par des papiers, et cherchĂ© Ă  rĂ©aliser des emballages les plus fins possible. « Par rapport Ă  notre activitĂ©, il serait mal venu de dire que nous ne nous sentons pas concernĂ©s par l’environnement, souligne Gilles Bocabeille, PDG de l’entreprise. « J’ai l’exemple des polypro. MĂŞme si cette propriĂ©tĂ© ne sera pas mentionnĂ©e sur le produit fini pour le consommateur, notre client des PAI industriels apprĂ©ciera cette dĂ©marche d’aller vers des matĂ©riaux recyclables. Nous sommes aussi passĂ©s d’un produit de coupelle Ă  un sachet dosette. De 2,5 g de plastique, nous sommes passĂ©s Ă  0,5 g. Au niveau de la conception de l’usine elle-mĂŞme, Les chauffe-eaux utilisĂ©s pour le nettoyage de l’usine ont Ă©tĂ© supprimĂ©s progressivement. Nous avons rĂ©ussi Ă  mettre en place tout un système afin de cuire nos sauces, les refroidir, en rĂ©cupĂ©rant l’énergie qui rĂ©chauffe les eaux. Le soir l’usine est nettoyĂ©e en utilisant l’eau chaude, grâce Ă  la thermique provenant de la sauce refroidie dans la journĂ©e. Au final nous avons divisĂ© par quatre la facture Ă©nergĂ©tique ! Â»


Questions à Patrick DANVERT, Ingénieur industrie à l’ADEME.
(Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie)


- Sur quel aspect les industriels agissent-ils le plus… y a-t-il une tendance forte dans le choix d’un projet environnemental chez les industriels des IAA ?
Certains postes comme la production de froid, d’air comprimé et de vapeur sont très énergivores.
La production de froid est un problème rĂ©current chez beaucoup d’industriels (abattage, produits surgelĂ©s, entrepĂ´ts,..) : la consommation Ă©lectrique du froid pour ceux qui l’utilisent en gĂ©nĂ©ral reprĂ©sente souvent plus de 40% de la facture Ă©lectrique  (sachant qu’en Bretagne la consommation Ă©lectrique industrielle est consommĂ©e Ă  63% par des industriels IAA.) D’autre part une nouvelle rĂ©glementation entrera en vigueur, qui va ĂŞtre assez intransigeante puisqu’entre 2010 et 2014 les entreprises ont le devoir d’éliminer les productions de froid par le R22 fluide frigorigène, Ă©quipant de nombreuses installations frigorifiques. Le 1er janvier 2010, l’utilisation des fluides frigorigènes de type HCFC (dont le R22 encore très prĂ©sent) sera interdite pour la maintenance et l’entretien des Ă©quipements. Pour les industriels, l’urgence rĂ©side donc dans l’inventaire des fluides frigorigènes des installations frigorifiques et l’anticipation de la date butoir de 2010. MĂŞme recyclĂ©s, ces produits seront dĂ©finitivement bannis en 2015.

- Les industriels peuvent-ils intervenir au niveau du process lui-mĂŞme et rĂ©duire leur impact environnemental tout en augmentant leur productivitĂ© ?
Aujourd’hui il existe une demande liĂ©e au fort impact du surenchĂ©rissement de l’énergie , d’un contexte Ă©conomique contraignant les industriels Ă  resserrer leurs coĂ»ts, l’écotaxe sur les transports et la mise en place des Ă©tiquetages carbone sur les produits de consommation  alimentaire, d’autant plus que des outils financiers leurs sont proposĂ©s. Par exemple, les certificats d’économie d’énergie permettent aux industriels avec la mise en place de mesures d’économies d’énergie de nĂ©gocier l’échange  des certificats d’économie d’énergie auprès de leurs fournisseurs d’énergie que ce soit en Ă©lectricitĂ©, en gaz, en fuel…etc. ou leur nĂ©goce sur le marchĂ©.

- En IAA, existe-t-il des solutions avec des énergies renouvelables telles que le photovoltaïque et le biogaz, ou des constructions en bâtiment HQE (hautement qualité environnementale) ?
Effectivement, maintenant il y a des demandes croissantes d’industriels. Pour certaines énergies (photovoltaïque), souvent le temps de retour est important et cette démarche dépend de l’approche volontaire des entreprises, mais je dirais que ce n’est pas tout à fait dans l’ordre du jour aujourd’hui. Cependant, pour d’autres comme le Biogaz, la méthanisation, la production thermique par le bois énergie. Des projets industriels se réalisent.
Ainsi la société Gad, entreprise d’abattage de porc et de bovins, ayant équipé l’entreprise d’un méthaniseur produisant plus de 40% de l’énergie thermique. (D’autres gros projets de méthanisation sont en cours).
Mais aussi, d’autres  industriels se sont tournĂ©s vers des chaudières bois en raison des Ă©missions de gaz Ă  effet de serrecomme la TIMAC(1)filiale du groupe Roullier, Ă  St Malo, qui depuis 2006, a dĂ©laissĂ©  en partie le gaz pour choisir la chaudière Ă  biomasse.
Certaines zones industrielles sont tournĂ©es vers le HQE (Haute qualitĂ© environnementale), en adoptant ou non des  procĂ©dures de management environnemental ISO 14001.

- Concrètement comment l’ADEME accompagne les IAA dans des choix technologiques Ă©conomes et Ă©co-responsables ?
Nous les accompagnons soit au travers des opĂ©rations Ă  destination des groupes industriels, des PME et d’associations d’industriels comme l’ABEA (association bretonne des industries agroalimentaires). Ainsi, nous rĂ©alisons des opĂ©rations groupĂ©es avec pour thĂ©matique la maĂ®trise de l’énergie : plusieurs industriels seront associĂ©s dans une mĂŞme dĂ©marche, sur des audits Ă©nergĂ©tiques avec un le rĂ©fĂ©rentiel de bonnes pratiques tel  que le X30 120 mis Ă  disposition par l’AFNOR. Nous avons des accompagnements individuels, toujours sur l’énergie, l’Iso 14001, et toutes les problĂ©matiques qui sont liĂ©es Ă  l’émission des gaz Ă  effet de serre (BILAN CARBONE) et les pollutions atmosphĂ©riques. (Comme citĂ© plus haut la problĂ©matique du changement de gaz frigorigène car le R22 a un fort pouvoir d’émission de gaz Ă  effets de serre, mais il y a encore d’autres gaz et aussi des  activitĂ©s comme le transport etc.…) Le Management environnemental est une dĂ©marche de progression, d’amĂ©lioration. Elle fait rĂ©fĂ©rence Ă  une norme comme l’ISO 14001 ou l’EMAS (Eco-Management and Audit Scheme), ou autre… Pour les industriels, certifier, c’est progresser Ă  travers des procĂ©dures vis-Ă -vis de leurs clients et de leurs Ă©quipes. L’ADEME les accompagne dans leur dĂ©marche d’éco-conception, facteur de compĂ©titivitĂ© respectueux du dĂ©veloppement durable.

- Avant de modifier des pratiques en entreprise dans un souci environnemental, est-il important de faire la dĂ©marche d’un audit Ă©nergĂ©tique ?
L’ADEME aide les entreprises PME pour l’accompagnement Ă  l’ISO 14001. L’identification de l’intĂ©rĂŞt est plutĂ´t qualitatif que quantitatif en permettant aux entreprises de se positionner par rapport Ă  leurs clients et aux donneurs d’ordre, tout comme par rapport Ă  leurs concurrents europĂ©ens. En France, vis-Ă -vis de l’Iso 14001, on constate que l’intĂ©rĂŞt n’est pas suffisamment croissant. Pourquoi ? Des objectifs mal dĂ©finis par l’entreprise, le coĂ»t  important (Une annĂ©e ou plus est nĂ©cessaire pour la mise en place de la norme ISO, avec la nĂ©cessitĂ© de dĂ©gager un poste de responsable environnement et ensuite il est important de la faire vivre car tous les trois ans, il y a nĂ©cessitĂ© de renouveler son agrĂ©ment), la valeur stratĂ©gique de la certification…
En outre, Il est important pour les entreprises de hiĂ©rarchiser leurs besoins, sachant que d’une entreprise Ă  l’autre le panorama sera diffĂ©rent… ce qui peut ĂŞtre minime dans certaines filières sera plus important pour d’autres.. Ainsi des outils , comme le bilan carbone, (permettent de hiĂ©rarchiser les gains en matière d’émissions de gaz Ă  effet de serre (G.E.S) sur l’activitĂ© de l’entreprise (8 familles entre services, transport, emballages, Ă©nergie interne, dĂ©placements, produits en fin de vie, immobilisations, matière première)   mais aussi les  audits Ă©nergĂ©tiques (il est nĂ©cessaire pour l’entreprise de faire le bilan de ses consommations , de pouvoir mettre en place un plan de comptage - car savoir compter permet  de faire des Ă©conomies en rĂ©alisant la maĂ®trise de ses utilitĂ©s et de ses process -, sont  complĂ©mentaires Ă  toutes les autres problĂ©matiques Ă©conomiques pour rendre les entreprises compĂ©titives et vertueuses dans leur environnement.

- Comment amĂ©liorer le problème de la gestion des dĂ©chets en IAA ? C’est un problème très complexe ! Se poser les bonnes questions : quelle est ma production de dĂ©chets… Comment je les valorise ou m’en dĂ©barrasse ? Quelles sont mes obligations rĂ©glementaires vis-Ă -vis de la loi concernant les dĂ©chets ?...
Le problème de la gestion des dĂ©chets est souvent un problème d’exutoire, je pense en particulier aux graisses et certains dĂ©chets organiques en Ă©tant confrontĂ© Ă  leur devenir (comment faire collecter, et/ou la mise en  compost, mĂ©thaniser, etc.). L’amĂ©lioration de leur gestion passe souvent par la faisabilitĂ© technique et surtout Ă©conomique de la valorisation des dĂ©chets et il est important de s’interroger sur la structuration de la filière.

- Pourriez-vous me parler de la valorisation des co-produits ?
Il y en a plusieurs. L’équarrissage par exemple si on parle du carnĂ©, la production d’énergie, la mĂ©thanisation… certains des coproduits deviennent des produits : par exemple les peaux de poisson qui peuvent participer Ă  la confection de sacs. Mais il y a aussi certains dĂ©chets de filetage ou viscères qui peuvent donner naissance Ă  des ingrĂ©dients Ă  usage des industries cosmĂ©tiques(2) Des centres techniques tels que l’Id MER s’attachent Ă  chercher des exutoires de valorisation Ă  un certain nombre de produits.

(1) A Ouest France en juin 2007, Bertrand Totel, PDG de la Timac expliquait que cet Ă©quipement reprĂ©sentait un coĂ»t d’un million d’euros. En consommant 12 000 tonnes de bois, la chaudière fournit une puissance Ă©quivalente Ă  1500 chaudières individuelles. (D’autres sites du groupe sont ainsi Ă©quipĂ©s)

 (2) A partir de dĂ©chets, l’Id Mer met au point des ingrĂ©dients pour les cosmĂ©tiques, la neutraceutique et la diĂ©tĂ©tique, ce qui reprĂ©sente un potentiel Ă©norme puisque la Bretagne produit Ă  elle seule 70 000 tonnes de dĂ©chet de dĂ©coupe (Source : Le Journal des entreprises d’avril 2008)